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Julien Cresp

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Des anciens combinats sidérurgiques d’Europe de l’Est aux distilleries Guadeloupéennes de rhum, des haciendas Mexicaines décaties aux vestiges de villes Soviétiques désertées, je n'ai de cesse de photographier ces sanctuaires de la vie et du travail.

Depuis mes survols abstraits et numériques, jusqu'à de longues errances exploratrices, c’est à un quasi parcours initiatique que je m’adonne, qui me fait gouter tour à tour le vide et le plein qui habitent ces lieux fantasmagoriques.

Le vide qui résonne à chacun de mes pas.
Le plein de ces vies que l’on se plait à imaginer, de ces fantômes libérés du labeur qui font claquer les portes et battre les fenêtres.

Gagné par la paix sépulcrale qui règne en ces lieux , je marche lentement, sans bruit, en quête d'une beauté simple, nue, réinterprétant ces sentiments confus d’abandon, de solitude et d’oubli qui nous habitent de façon plus ou moins consciente.

Nous devrions savoir nous imprégner de ces espaces, les respirer, les explorer en silence, religieusement, les traverser comme une ombre, tendre l’oreille pour percevoir l’écho d’une scie à métaux, celui du grincement des paniers d’une salle des pendus, la trace vaporeuse laissée par les murmures d'un fidèle, les éclats du rire d'un enfant.
Cathédrales industrielles devenues tombeaux profanes. Comment ne pas voir en ces architectures silencieuses l’expression de la poésie des lieux malmenés par le temps, ni le charme des rides que des années d’oubli y ont creusé ?
Photographier ces patines, ces effritements, ces traces laissées par l'eau et la chaleur du soleil, toutes fenêtres ouvertes et toits abandonnés, c’est dialoguer avec le temps, l’histoire et l’âme de ces lieux. C'est à l'endroit où la mousse s'installe que s'allonge le silence d'un vieux vacarme. Tout est là pour dire que ce fût puissant, ou chaud, ou rude, ou collectif.
Peut-être s’imposera alors à vous une autre image : celles de ces hommes et de ces femmes partis en silence ou dans la clameur des conflits, mais qui parfois, comme pour survivre à ces lieux, ont laissé derrière eux une lumière allumée.

Julien Cresp